A.Postel – Un homme éffacé

Un homme effacé par Postel

Résumé éditeur:

Damien North est professeur de philosophie dans une université cossue. Veuf, il mène une vie triste et solitaire. Mais un jour, il est embarqué par la police qui l’accuse d’avoir téléchargé sur son ordinateur des images provenant d’un réseau pédophile… L’affaire fait grand bruit, d’autant que Damien est le petit-fils d’Axel North, figure politique historique. 
L’inculpé a beau se savoir innocent, chacun se souvient d’un geste, d’une parole qui, interprétés à la lumière de la terrible accusation, deviennent autant de preuves à charge. Même une banale photo de sa nièce, unique enfant de son entourage, ouvre un gouffre d’horribles suppositions. Le terrible engrenage commence tout juste à se mettre en marche. 
Alexandre Postel décrit avec acuité la farce des conventions sociales, les masques affables sous lesquels se cachent le pouvoir, la jalousie ou le désir de nuire ? et les dérives inquiétantes d’une société fascinée par les images.

Ce que j’en ai pensé:

Un héros torturé par la façon de penser accusatrice de son entourage, une personnalité non conformiste, loin de l’idéalisme du mode vie. Un héros à l’aise avec l’idée de ne pas vouloir être en couple ou ne pas en ressentir le besoin, avoir des amis. Un homme taciturne et ermite, la différence ça ne plait pas forcément. On assiste à une fin tragique pour qui l’a comprise: Cet homme qui n’était que lui, unique, va devenir monsieur tout le monde et se conformer à ce qu’on attend de lui, et abandonner tout ce qui faisait sa personnalité. Il devient l’homme prévenant et souriant celui qui rit aux blagues de ses collègues ou voisins juste pour leur faire plaisir et s’intégrer. Juste pour qu’ils se disent: ‘ Il a l’air sympa… et normal. » Puisqu’il s’agit de cela.
L’indifférence des gens pendant son accusation et son procès l’a profondément marquée, comme l’hypocrisie générale lorsque on l’a innocenté. Mais innocenté il ne sera jamais totalement. Au moindre geste douteux, au moindre écart si insignifiant soit-il, il y aura toujours une âme (malveillante ou non, car peut-être dotée des meilleures intentions) pour dénoncer une volonté invisible de faire du mal. On dira  » mais n’oublions pas qu’il a tout de même été en prison pour ça, et qu’il a ( peu importe la raison ) plaidé coupable. » Alors il se conforme et s’oubli dans les méandres de l’hypocrisie (ou bienveillance) humaine.
Ce livre est une exposition de la cruauté humaine et de l’hypocrisie sociale. Une réflexion philosophique sur le caractère cauchemardesque du système judiciaire, carcéral et humain. Une écriture efficace qui nous amène aux tréfonds de toute la noirceur de l’âme humaine. Un livre qui ne nous laisse pas indiffèrent et qui traite avec clairvoyance l’état de retour à la normale après une sortie de prison qui ne le sera jamais.
Un livre qui soulève des tas de questions et qui vaut vraiment la peine d’être lu… et compris.

Publié dans : Les articles |le 1 octobre, 2016 |Pas de Commentaires »

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